Pièges photographiques
Des caméras automatiques ont été installées sur le territoire d’animaux menacés pour observer leur comportement, leurs rythmes d’activité et, si possible, leur reproduction.
Science
À Maikiuants, des membres de la communauté se forment pour devenir paraécologues. Ils allient les savoirs shuar sur la forêt aux méthodes scientifiques pour documenter la biodiversité et protéger leur territoire.
Un ou une paraécologue est un membre de la communauté formé aux méthodes de suivi écologique. Connaissant la forêt et ses particularités depuis l’enfance, il ou elle apprend à consigner ses observations de façon systématique, afin qu’elles puissent être comparées au fil des années et partagées avec des chercheurs.
Ainsi, le savoir reste dans la communauté, et les données aident à prendre des décisions sur le territoire : où construire de nouvelles maisons, quelles zones protéger, et comment la rivière et la forêt évoluent avec le changement climatique. Le but est de défendre le territoire, pas seulement la forêt.
Nous sommes des personnes qui viennent en aide à toute la biodiversité de notre territoire – pour la connaître, la valoriser et la respecter – et nous éveillons la conscience environnementale pour que les générations futures continuent d’en prendre soin. Être paraécologue, c’est venir en aide à chaque espèce menacée d’extinction.
En plus de la station météorologique et des pièges photographiques déjà en place, une nouvelle station scientifique sera bientôt construite pour recueillir et analyser les données de façon encore plus systématique.
Des caméras automatiques ont été installées sur le territoire d’animaux menacés pour observer leur comportement, leurs rythmes d’activité et, si possible, leur reproduction.
À chaque sortie, nous observons tout à la fois : chants d’oiseaux, amphibiens, mammifères et autres indicateurs de la forêt, arbres semenciers, floraison et fructification – en lien avec la pépinière et l’agroforesterie.
Nous analysons régulièrement les rivières et les ruisseaux : pH, température, turbidité et macroinvertébrés aquatiques, qui réagissent très vite à toute pollution.
Notre station météorologique enregistre la température, l’humidité, les précipitations et le vent, afin de documenter l’évolution du climat sur le territoire.
Nous documentons la vie et les savoirs shuar : nous prenons des photos, enregistrons la langue Shuar Chicham et notons les noms, les usages et les récits liés aux plantes et aux animaux.
Bientôt : une station dédiée pour stocker, traiter et analyser les données du suivi directement à Maikiuants.
Video
Un projet des paraécologues de Maikiuants avec l’Universidad del Azuay : avec le GPS, des drones et des systèmes d’information géographique, nous documentons l’usage des sols et l’état de la végétation sur notre territoire. (sous-titres en anglais)
La forêt et les rivières de Maikiuants abritent d’innombrables animaux. Certains sont menacés, d’autres sont nouveaux pour la science, et beaucoup vivent cachés sous l’eau.
Maikiuants est une zone de grande importance pour la biodiversité. La relation harmonieuse entre la communauté shuar et la nature permet à des mammifères menacés à l’échelle mondiale de vivre sur son territoire. En 2024, les pièges photographiques ont notamment enregistré :
Puma concolor
Les photos des pièges photographiques seront bientôt publiées.
Également enregistrés : margay, tayra, ocelot, écureuil amazonien et faux vampire, entre autres.
Atelopus sp.
Toutes les espèces du genre Atelopus sont menacées. La grenouille Atelopus sp. est en danger, principalement à cause de la perte de son habitat naturel. Maikiuants est l’un des rares endroits au monde où l’on peut encore l’observer.
Sa survie dépend d’un écosystème équilibré, avec des forêts saines et une eau propre. Elle est si sensible aux changements de son environnement et si difficile à trouver qu’elle est encore en cours de description scientifique.
Rhinella maikiuants (nom proposé)
Le 19 juin 2024, lors d’une sortie de suivi, les paraécologues ont trouvé un crapaud de la famille des Bufonidae aux caractéristiques très inhabituelles. Tout porte à croire qu’il s’agit d’une espèce nouvelle pour la science, qui n’existe que sur le territoire de Maikiuants. C’est pourquoi nous proposons le nom scientifique Rhinella maikiuants.
Une dizaine de paraécologues de Maikiuants participent à la recherche, avec le soutien de l’Universidad del Azuay (UDA) et en collaboration avec Ecoforensic, une entreprise de Grande-Bretagne qui vérifie également les résultats. La découverte est actuellement examinée par la communauté scientifique ; nous espérons que l’espèce sera bientôt officiellement reconnue.
L’eau des rivières Yunkumas et Akaas est en excellent état parce que la forêt est intacte – nous mesurons un pH de 7,8. Les rivières abritent de petits animaux aquatiques (larves d’insectes, escargots, crabes et crevettes) que presque personne ne voit jamais. Les paraécologues les récoltent, les identifient et les photographient.
Comme ils réagissent rapidement à la pollution, ils nous aident à comprendre la qualité de l’eau et à détecter immédiatement le moindre changement – par exemple dans les rivières voisines touchées par l’exploitation minière.
Photographies : Guía de macroinvertebrados acuáticos de las microcuencas de los ríos Aakas y Yunkumas – Cordillera del Cóndor. Le guide complet décrit bien d’autres familles, leur anatomie et leur rôle d’indicateurs de la qualité de l’eau. Voir la publication
Notre livre
Guide des macroinvertébrés aquatiques des micro-bassins versants des rivières Aakas et Yunkumas – Cordillera del Cóndor
La communauté shuar de Maikiuants, établie dans la Cordillera del Cóndor, possède un vaste territoire qui abrite une grande biodiversité d’espèces et d’écosystèmes, aujourd’hui menacés par des activités extractives. Cette zone est principalement arrosée par les rivières Aakas et Yunkumas, dont les écosystèmes aquatiques abritent une grande variété de faune, parmi laquelle se distinguent les macroinvertébrés aquatiques. Ce guide présente les familles de ce groupe de faune ; leur présence montre que les eaux de ces deux rivières sont en excellent état. Cet ouvrage est le résultat d’études menées conjointement par l’Universidad del Azuay, la communauté de Maikiuants, le Pueblo Shuar Arutam et la Fundación Ecoforensic, dont l’objectif est d’explorer et de faire connaître la richesse biologique et culturelle de ce territoire.
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